jueves, 29 de enero de 2015

Bourgeois gentilhomme (Le) de Molière. para 2º Bachillerato.

Comédie-ballet en cinq actes et en prose, représentée à Chambord, le 14 octobre 1670, dont la musique est de Jean-Baptiste Lully.

Monsieur Jourdain, riche bourgeois et fils de marchand, s’efforce de cacher la bassesse de sa naissance en suivant les leçons de maîtres de danse, de musique, d’armes et de philosophie, qui, en lui enseignant les usages de la noblesse, profitent de sa naïveté, malgré les remarques pleines de bon sens de son épouse. Dorante, un gentilhomme, feint d’être son ami, mais ne fait que profiter de la situation, en lui empruntant de l’argent et en faisant sa cour à ses dépens à une marquise, Dorimène, que Monsieur Jourdain voudrait séduire. Le jeune Cléonte, est amoureux de Lucile, la fille de la maison, mais Monsieur Jourdain ne rêve que de la marier à un gentilhomme. Dorante offre un festin à Dorimène chez Monsieur Jourdain, en sa présence, en lui faisant croire qu’il agit en sa faveur. Survient Madame Jourdain, furieuse, mais Dorante sauve la situation en prenant sur lui l’organisation du dîner, ce qui paraît habile au Bourgeois. Entre-temps, le serviteur de Cléonte, dans le but de duper Monsieur Jourdain et de favoriser les amours de son maître, met au point un stratagème burlesque : il fait croire au Bourgeois que le fils du Grand Turc, amoureux de sa fille, désire l’anoblir en l’élevant à la dignité de « Mamamouchi ». Sous le couvert d’une cérémonie farcesque qui enchante le héros, on conclut le mariage de Lucile et Cléonte, déguisé en Turc, ainsi que celui de Dorante et Dorimène.Après les fastueuses représentations de Chambord, cette comédie connaît un succès durable, à Saint-Germain d’abord, à la ville ensuite.


Jean-Baptiste Poquelin fut acteur, dramaturge, metteur en scène, directeur de troupe, tout à la fois. De plus, il tient sa place dans le panthéon des plus grands écrivains français, non seulement à cause de la façon dont il maniait ses vers, mais parce qu’il fait rire. C’est avant tout un auteur comique, et son œuvre emprunte toute méthode concevable pour exulter ses spectateurs.

Sa vie, d’ailleurs, fut une série de tourbillons. Sans cesse atteint de maladies, Molière connut de grands succès aussi bien que l’échec total. Il était à la fois adoré par ses amis et détesté par un grand nombre d’ennemis. D’une part on le comblait delouanges, de l’autre on l’accablait de calomnies.

jueves, 22 de enero de 2015


Dès la rentrée 2015, un enseignement moral et civique de 300 heures sera dispensé.
Que va changer « la grande mobilisation de l'école pour les valeurs de la République », annoncée mercredi 21 janvier par François Hollande, pour les élèves des collèges et des lycées ? Voici un tour d'horizon des mesures les concernant directement, telles que précisées par la ministre de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem, jeudi 22 janvier. A savoir, l'essentiel des nouveautés – enseignement moral et civique, éducation aux médias et à l'information, Journée de la laïcité – se concrétisera à la rentrée prochaine, en septembre 2015.
  • Tolérance zéro
Le gouvernement demande de resserrer la vis pour lutter contre le dénigrement des valeurs de la République et pour rétablir l'autorité des professeurs.
Les élèves devront prendre connaissance, dès l'inscription dans un établissement et à chaque rentrée, des règles de civilité et de politesse, du règlement intérieur et laCharte de la laïcité à l'école, créée en 2013. Les élèves devront, comme leurs parents, signer ces textes et s'engager ainsi à les respecter.
Désormais, un élève qui contestera les valeurs de la République fera l'objet d'un signalement systématique au chef d'établissement. Celui-ci préviendra ou convoquera les parents et pourra décider d'une sanction. La volonté est de ne laisser aucun incident impuni et de consolider la discipline.
  • Travaux d'intérêt général
L'idée est de privilégier les sanctions alternatives. A la place des retenues et des exclusions de l'établissement, les élèves concernés pourront être chargés d'aider les plus démunis, de nettoyer la voie publique, de faire la lecture à des personnes âgées. Le gouvernement a conclu des partenariats nationaux avec des structures comme la Croix-Rouge ou l'Unicef.
  • Une Journée de la laïcité le 9 décembre
Le 9 décembre, date-anniversaire de la séparation de l'Eglise et de l'Etat en 1905, sera célébré comme une Journée de la laïcité dans tous les établissements. Le gouvernement insiste aussi sur la nécessité de célébrer les rites républicains et les symboles de la République, comme La Marseillaise, la devise nationale et le drapeau tricolore.
Dans le même esprit, une participation active des élèves sera attendue lors la semaine de lutte contre le racisme et l'antisémitisme, la semaine de l'engagement et les commémorations patriotiques.
  • Des heures d'« enseignement moral et civique »
Un enseignement spécifique, qui représentera trois cents heures sur l'ensemble de la scolarité d'un élève du cours préparatoire à la terminale, va être créé. Reconnaître le pluralisme des opinions, des convictions et des modes de vie, apprendre à construire du lien social et politique, développer le sens de l'intérêt général, de la participation à la vie démocratique comme le refus des discriminations... Le programme est chargé, mais ces heures s'annoncent plus nombreuses importantes qu'actuellement : de sa seconde à sa terminale, un lycéen bénéficie pour l'instant de cinquante-quatre heures d'instruction civique au total. Les enseignants seront spécialement formés, et des outils « percutants »  sont annoncés, comme des vidéos sur les combats historiques pour les valeurs de la République. Des citoyens volontaires viendront en classe parler aux élèves des valeurs de la République.
  • Mieux connaître les médias, et y participer
Une éducation à l'information et aux médias est également prévue à compter de la rentrée, « afin que les élèves fassent la différence entre ce qui est de l'information et ce qui n'en est pas », a expliqué le chef d'Etat mercredi, et ainsi lutter contre la propagation de théories du complot. L'objectif est d'apprendre aux élèves à décrypter l'information et l'image, à aiguiser leur esprit critique et à se forger une opinion. Pour allier la théorie à la pratique, chaque collège et chaque lycée devra avoir un média — journal, radio, blog. Mais les élèves resteront libres d'y participer ou pas.
  • Elections, consultations et débats
Les instances représentatives des élèves deviendront obligatoires : conseil d'enfants et conseil de la vie collégienne, qui existent déjà à titre expérimental, seront généralisés. Quant aux conseils de la vie lycéenne, déjà obligatoires, ils bénéficieront d'un « soutien renforcé », et l'on peut s'attendre à diverses actions pour inciter les élèves à participer à l'élection de leurs représentants (l'abstention frôle actuellement les 50 %). Les élèves seront aussi initiés à l'art de l'argumentation et du débat, dès l'école primaire. L'idée est d'apprendre à exercer sa liberté d'expression et ses futurs droits de citoyen. Le « parcours citoyen » sera évalué à la fin de la scolarité obligatoire, selon des modalités à définir au printemps.
  • Cérémonie ou spectacle de fin d'année 
Chaque collège et chaque lycée devra prévoir un temps annuel de rencontre et d'échange avec l'ensemble de la communauté éducative. Cela peut être une cérémonie de remise de diplômes, la valorisation des réussites des élèves, un spectacle de fin d'année...
  • Aides aux élèves en difficulté
Les dispositifs d'apprentissage du français pour les élèves nouvellement arrivés en France seront renforcés. Le plan de lutte contre le décrochage scolaire va obtenir des moyens supplémentaires. Les fonds sociaux d'aide aux élèves les plus pauvres seront étendus.

  • Matteo Maillard

sábado, 6 de diciembre de 2014

Harry Potter : J.K. Rowling va dévoiler 12 nouvelles inédites


La romancière britannique a annoncé vendredi le retour de son célèbre magicien dans douze nouvelles histoires courtes.
Sept ans après la parution du dernier tome des aventures d'Harry Potter (Les Reliques de la Mort) et trois ans après la sortie au cinéma de son adaptation, J.K. Rowling a réservé une surprise aux millions de fans du magicien. Sur un message diffusé sur son site Pottermore.com, la romancière anglaise a annoncé la publication prochaine de 12 nouvelles inédites.Capture écranÀ partir du 12 décembre, une nouvelle sera dévoilée chaque jour sur le site Internet et ce, donc, jusqu'à la veille de Noël. En octobre dernier, J.K. Rowling avait publié sur son compte Twitter un message énigmatique qui suggérait ce retour d'Harry Potter: «Cry, foe! Run Amok! Fa awry! My wand won't tolerate this nonsense» («Pleure, ennemi! Laisse éclater ta furie! Ma baguette ne tolérera pas ces absurdités») était, selon le Time Magazine, l'anagramme de «Harry returns! Won't say any details now, a week off, no comments» («Harry revient! Je n'en dirai pas plus aujourd'hui, je pars pour une semaine, sans commentaires»). Une version qui se confirme aujourd'hui.

Rappelons que les sept tomes de la saga Harry Potter représentent plus de 400 millions de livre vendus dans le monde, 200 pays concernés et des écrits traduits en 69 langues.

domingo, 30 de noviembre de 2014

PORTRAIT - Michaëlle Jean est la première femme et la première personnalité non africaine à présider l'OIF. Elle est originaire d'Haïti.


Le Point Afrique - Publié le 

Francophonie : qui est Michaëlle Jean ?


Michaelle Jean à Shanghai, le 1er juillet 2010.
Michaelle Jean à Shanghai, le 1er juillet 2010. © Shanghai Daily/Imaginechina


Viadéo

Par 
"Ensemble, traçons le chemin d'une Francophonie moderne et tournée vers l'avenir. La Francophonie du XXIe siècle sera au service et à l'écoute des jeunes et des femmes. Prospère, elle conjuguera l'accroissement des échanges et le développement humain et durable pour tous", a promis la nouvelle secrétaire générale.

Une nouvelle impulsion à la Francophonie

Après une campagne axée sur l'Afrique, les femmes et la jeunesse et sur un rôle économique accru de l'organisation, elle succède au Sénégalais Abdou Diouf à un moment où, selon elle, l'espace francophone vit "un tournant" avec le décollage économique et démographique de l'Afrique subsaharienne. Dans sa première déclaration après sa désignation, Michaëlle Jean a dit vouloir donner "une nouvelle impulsion à la Francophonie".

"Je suis à la fois du Nord et du Sud"

Pour se hisser à la tête de l'OIF, la candidate canadienne a dû lutter contre la tradition voulant que ce poste revienne à une personnalité de l'hémisphère sud, certains y voyant même une chasse gardée africaine, ses deux prédécesseurs - l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali et Abdou Diouf - représentant le continent, majoritaire au sein de la Francophonie. "Je suis à la fois du Nord et du Sud, toutes les portes me sont ouvertes, je peux parler à tout le monde, je suis reçue par tout le monde, comme femme d'Etat, comme quelqu'un qui a de l'expérience, qui a des idées, qui a une énergie", déclarait-elle en octobre dans son bureau de l'université d'Ottawa qu'orne une photo la montrant en compagnie de Barack Obama.

Gouverneure générale du Canada

Avec son arrivée à l'OIF, Michaëlle Jean va quitter son poste d'envoyée spéciale de l'Unesco en Haïti, qui l'amenait à se rendre dans son île natale plusieurs fois par an pour suivre l'avancée des travaux de reconstruction consécutifs au terrible séisme de janvier 2010. Avant d'occuper ce poste onusien, elle avait été gouverneure générale du Canada --représentante de la reine Elizabeth, chef d'Etat en titre-- entre 2005 et 2010, ce qui lui avait valu le surnom de "Petite reine". 

Ancienne présentatrice vedette

Ancienne présentatrice vedette du groupe audiovisuel public Radio-Canada, Michaëlle Jean avait fait inscrire "Briser les solitudes" sur ses armoiries royales qu'encadraient deux sirènes tirées de la mythologie haïtienne. Son mandat à la tête de l'Etat canadien a été marqué par des voyages incessants --une quarantaine de pays visités, dont dix en Afrique-- ainsi que par des prises de position fortes en symbole, comme en 2009 lorsqu'elle dégusta du phoque cru afin de soutenir les Inuits après l'embargo européen sur cette viande.

Renonce à son passeport français

Mère d'une fille de 15 ans adoptée en Haïti, Marie-Eden, et mariée au cinéaste d'origine française Jean-Daniel Lafond, elle a dû renoncer à son passeport français en acceptant ses fonctions royales. Au moment de sa nomination par le Premier ministre Paul Martin, Mme Jean avait dû d'ailleurs réaffirmer son attachement au fédéralisme canadien. Des extraits d'un documentaire tourné en 1991 portant sur le combat pour l'indépendance, au Québec, en Haïti et en Martinique, avaient en effet refait surface: elle y déclarait "L'indépendance ça ne se donne pas, ça se prend". 

"Je viens d'un pays où l'on n'abandonne jamais"

Dès sa nomination, elle a tenu à "remercier tout particulièrement les gouvernements du Canada, du Québec, du Nouveau-Brunswick et d'Haïti pour leur appui indéfectible à (sa) candidature". Lors de sa campagne pour la direction de l'OIF, elle a dû affronter des critiques sévères provenant notamment de l'ancien Premier ministre québécois indépendantiste Bernard Landry, l'accusant de manquer d'expérience. "Nous vivons au Canada dans un environnement politique où il y a des forces idéologiques", remarquait-elle, avant de balayer d'un revers de la main ces attaques: "Je viens d'un pays où l'on n'abandonne jamais".

domingo, 16 de noviembre de 2014

L'Albert Einstein des mathématiques du XXe siécle est décédé

Alexandre Grothendieck était l’un des plus grands mathématiciens de tous les temps. Militant écologiste engagé dans les années 1970, il vivait retiré du monde depuis le début des années 1990 dans un village de l’Ariège. Il vient de décéder à l’âge de 86 ans en laissant un héritage mathématique qui reste encore à explorer.

                                                                                           © Images des Mathématiques, CNRS




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« Un effrayant génie », l’expression de Chateaubriand pour caractériser Blaise Pascal est bien connue. Elle s’applique tout autant à un mathématicien français dont on vient d’apprendre le décès. Alexandre Grothendieck s’est éteint en effet le matin du 13 novembre 2014 à l’hôpital de Saint-Girons (Ariège) à l’âge de 86 ans. Son nom est probablement inconnu du grand public. Pourtant Grothendieck faisait partie de l’élite mondiale des lauréats de la médaille Fields, tels Cédric Villani et Artur Avila. Son influence sur la conception de l’espace et de la géométrie, via l’algèbre et la topologie, dans l’esprit des mathématiciens est telle que certains le considèrent comme l’Einstein des mathématiques du XXe siècle. À l’instar de ce dernier, il était un esprit rebel et anticonformiste dont la vie a été marquée par les grands événements du siècle dernier. Profondément pacifiste et écologiste avant l’heure, au début des années 1970, il a fini par largement tourner le dos à la communauté des mathématiciens, allant jusqu’à refuser le prix Crafoord tout comme Grigori Perelman, autre génie de la géométrie et de la topologie, qui déclinera plus tard la médaille Fields et le prix Clay.

                                                             http://youtu.be/UO5KgnTY_fU

Bande-annonce d’un documentaire consacré à Alexandre Grothendieck. © Catherine Aira, YouTube
Le parcours d’Alexandre Grothendieck, et surtout de ses parents, semble tout droit sorti d’un roman. D’origine russe et d’ascendance très probablement hassidique par son père, Alexandre Shapiro, il est né en 1928 à Berlin d’une mère allemande, Hanka Grothendieck. Ses deux parents émigreront en France avant la Seconde Guerre mondiale pour fuir le régime nazi. Son père mourra en déportation à Auschwitz. Au sortir de la guerre, Grothendieck entreprendra des études de mathématiques à l’université de Montpellier. Très indépendant d’esprit et déçu par l’enseignement qu’il reçoit, et tout comme le jeune Pascal est sensé avoir retrouvé presque par lui-même la géométrie d’Euclide, Grothendieck redécouvre la puissante théorie de l’intégration qu’Henri Lebesgue avait bâtie vers 1900. Soupçonnant son potentiel, l’un de ses professeurs va lui permettre d’entrer en contact avec le grand mathématicien Henri Cartan, à Paris, lequel va l’orienter vers deux légendes des mathématiques françaises d’alors, très impliquées dans le célèbre groupe Bourbaki puisqu’il s’agissait de Jean Dieudonné et de Laurent Schwartz.

Six thèses de mathématique en un an

En poste à Nancy, les deux hommes sont au cœur des problématiques de l’époque en analyse fonctionnelle, c’est-à-dire le domaine des mathématiques qui traitent des équations, principalement différentielles et aux dérivées partielles (comme celles de Navier-Stokes), où les inconnues ne sont pas des nombres, mais des fonctions. Laurent Schwartz a d’ailleurs décroché, en 1950, la médaille Fields de mathématique pour ses travaux sur les distributions, une puissante théorie issue en partie, à l’origine de certaines idées que le physicien Paul Dirac avait introduites pour formaliser les équations de la toute jeune mécanique quantique.
Dieudonné et Schwartz butaient alors sur 14 problèmes liés à l’analyse fonctionnelle dont la seule résolution de quelques-uns aurait suffi pour occuper un étudiant moyennement doué en mathématique pendant quelques années pour une thèse de doctorat. Le génie et les impressionnantes capacités de Grothendieck vont alors apparaître au grand jour. Dieudonné et Schwartz lui avaient proposé de choisir quelques-uns de ces problèmes pour un travail de thèse, mais Grothendieck va stupéfier ses maîtres en revenant un an plus tard avec les solutions aux 14 problèmes et l’équivalent de six thèses rédigées.

Médaille Fields de mathématique, le grand mathématicien Laurent Schwartz (1915-2002) était aussi très engagé, et il a été membre du Tribunal Russell. Ses talents d’enseignants étaient légendaires, comme en témoigne son cours d’analyse de l’École polytechnique. Il était un des membres de Bourbaki. © École polytechnique

De la géométrie algébrique à l’écologie

De l’analyse fonctionnelle, Grothendieck va bientôt passer à la géométrie algébrique, un domaine des mathématiques qui s’est constitué une première fois avec la géométrie analytique de Descartes. Il va lui faire subir toute une série de transformation à partir de la fin des années 1950 et surtout pendant qu’il occupe, dans les années 1960, un poste à l’IHÉS, l’Institut des hautes études scientifiques, fondé et financé à Bures-sur-Yvette par Léon Motchane. C’était un riche industriel et mathématicien français, issu d’une famille russe et helvétique, qui avait entrepris de créer en France un institut comparable à l’IAS de Princeton pour regrouper des mathématiciens et des physiciens de haut niveau. Il avait bénéficié pour cela de l’aide du physicien américain Robert Oppenheimer et du soutien financier de plusieurs grandes entreprises privées. Appelé à être à la tête de cet institut, Dieudonné acceptera le poste à condition que Grothendieck en soit membre lui aussi.
Antimilitariste et marqué par les mouvements de mai 1968, Grothendieck en démissionnera quand il apprendra que l’IHÉS recevait des subsides du DRET (un organisme de financement de la recherche militaire). Hanté en cette période troublée par le spectre d’une nouvelle guerre mondiale et les risques pesant sur le futur de l’humanité du fait de la surpopulation, de la pollution et des problèmes écologiques qu’il voyait venir avec d’autres à cette époque, il se coupera de plus en plus de la communauté scientifique. Il finira par devenir un ermite, retiré pendant des décennies dans le sud de la France dans un lieu dont le secret était bien gardé. Comme d’autres esprits d’exception à l’âme et à la sensibilité délicatement accordées, tels Kurt Gödel et John Nash, Grothendieck va voir sa santé mentale se détériorer, trop doué et trop intègre pour accepter les imperfections des hommes et de la réalité. Il vient finalement de quitter ce monde en laissant un héritage mathématique impressionnant dont une partie reste encore à décrypter.
Il y aurait beaucoup de choses à dire sur la vie et l’œuvre d’Alexandre Grothendieck qui ne peuvent être abordées dans cet article. Aussi nous vous renvoyons à deux excellentes références sur internet qui permettent d’en savoir plus : le site Images des mathématiques du CNRS et l’article que lui a consacré son ami et collègue, le mathématicien Pierre Cartier.